Frère Philippe Verdin
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
Frère Philippe Verdin
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
“Jésus pousse les apôtres sur les routes pour annoncer la bonne nouvelle. Cet envoi vaut aussi pour nous. Mais avons-nous une carrure de missionnaire ? Sommes-nous compétents pour parler de Jésus ?
Évangile
Matthieu 9, 36 – 10, 8
En ce temps-là, voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Jésus était-il un bon DRH ? A-t-il pris les bons critères pour choisir ses apôtres comme ouvriers à sa moisson ? Soyons francs, ce n’est pas pour leur courage qu’il les a embauchés. Ce n’est pas pour leur compétence. Ce n’est pas non plus pour leurs diplômes en théologie. Ce n’est pas pour leur perspicacité. Alors ?
C’est peut-être parce que, comme nous, ils ont besoin qu’on leur fasse confiance pour révéler leurs talents secrets. C’est peut-être un genre de stage, pour leur donner un avant-goût de la mission qui les attendra après la Pentecôte, quand ils devront enseigner tous les peuples. C’est peut-être pour qu’ils découvrent les merveilles que Dieu peut faire à travers ses disciples.
Jésus ne choisit pas au hasard ses apôtres, il ne joue pas à « am stram gram, pique et pique et colégram ». Il connaît mieux ses apôtres qu’eux-mêmes ne se connaissent. « Jésus, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes », comme écrit saint Augustin. Il nous connaît mieux que nous nous connaissons, notamment il est meilleur juge de nos capacités à suivre la voie évangélique. Nous-mêmes, nous ignorons notre potentiel chrétien. Nous renonçons trop souvent à développer notre sainteté, alors nous venons à la messe pour entretenir la petite flamme d’amour. Pourquoi ne nous mettons-nous pas au travail pour parfaire notre vie à l’image de celle du Christ ? Nous n’osons pas, et puis c’est si difficile de devenir un saint ou une sainte… Et pourtant, c’est bien nous, comme les apôtres, que Jésus a choisis. C’est bien à nous qu’il s’est révélé. C’est à nous qu’il parle. C’est nous qu’il appelle par notre prénom, comme Thaddée et Barthélémy.
Pourquoi Jésus a choisi ces apôtres-là, pourquoi Dieu nous choisit pour être ses enfants ? Eh bien, c’est Jésus lui-même qui nous donne la réponse dans l’évangile selon saint Jean (15, 16) : « Je vous ai choisis pour que vous alliez et que vous portiez du fruit ». Alors, allons ! En avant ! Marchons avec lui et osons proclamer cette Bonne Nouvelle : « Le Royaume des cieux est tout proche ! »
Portons du fruit, rendons fécondes nos vies par la vie surabondante de Dieu. Le pape Léon nous rappelle ce que le Christ nous donne comme vitamines pour l’aventure : « Tu as peu de force, tu as peu de pouvoir, mais “moi, je t’ai aimé” ( Ap 3, 9) » (Dilexi te 3). C’est cet amour aussi qui donna de l’audace aux apôtres pour partir sur les routes de Galilée. Comme dit saint Paul dans la deuxième lecture : « Mettons notre fierté en Dieu ». Témoignons joyeusement des merveilles qu’il a faites pour nous. Alors nous verrons les miracles que le Christ veut accomplir par nos mains.
Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite
Sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui
Notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi
À ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent
Le règne, la puissance et la gloire
Pour les siècles des siècles.
Amen
Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Cantate Jerusalem
℗ ADF-Bayard Musique
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À vous la parole
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