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Être prévoyant, avoir suffisamment d’huile pour sa lampe, c’est s’exercer à la charité et recevoir des pauvres la joie de les servir.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Matthieu 25, 1-13

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » 

Prédication

Pétrole ! Pétrole !
par Frère Jean-Baptiste Régis
Écouter la prédication

Lorsque j’étais diacre, j’ai été envoyé en stage à Bangui, en Centrafrique. Là, j’ai passé un an, partageant la vie avec la communauté des frères dominicains. J’ai gardé beaucoup de souvenirs, dont un qui, pour moi, fait écho à cet évangile. Le soir, à la nuit tombée, on entendait des enfants parcourir les rues du quartier en criant : « Pétrole ! Pétrole ! ». L’électricité n’était pas continue dans les quelques maisons qui avaient la chance d’être reliées au réseau électrique. Et la plupart des habitants devaient s’approvisionner en pétrole pour alimenter leurs lampes. Les enfants du quartier avaient ainsi trouvé un moyen de gagner quelques sous en se faisant marchands de pétrole.

Dans la parabole que nous venons d’entendre, les vierges insouciantes se retrouvent à court d’huile quand l’époux arrive au milieu de la nuit. Alors, les vierges prévoyantes, constatant que la quantité de leur huile ne suffirait pas pour elles toutes, envoient les insouciantes acheter de l’huile chez les marchands. C’est quand même étonnant qu’on puisse aller acheter de l’huile chez les marchands au beau milieu de la nuit. Certes, de nos jours, dans certaines grandes villes, on voit des magasins qui sont ouverts 24h/24, mais ce n’est quand même pas la norme. C’est, à mon avis, un détail important de cette parabole : qui sont ces marchands d’huile disponibles à toute heure du jour et de la nuit ?

Je ne suis pas le premier à me poser cette question. Les Pères de l’Église y ont déjà réfléchi. Saint Hilaire de Poitiers, au IVe siècle, commentait cette parabole en disant que les marchands, ce sont les pauvres et toutes les personnes qui ont besoin de notre secours qui, par la charité que nous exerçons envers eux, nous procurent l’huile de la joie d’avoir fait le bien en leur portant secours.

N’avez-vous jamais fait le constat qu’en pratiquant la miséricorde, on reçoit plus que l’on donne ? C’est souvent ce que je remarque à force de côtoyer de nombreux bénévoles investis dans des associations avec générosité et disponibilité : le temps consacré et les contraintes sont sans commune mesure avec la joie et l’épanouissement que l’on en retire.

C’est cette huile de la miséricorde qu’il faut amasser et conserver dans des flacons. Elle peut se pratiquer de jour comme de nuit, mais elle n’attend pas. Car la joie d’aller à la rencontre de l’époux se mesure à la joie que nous récoltons et amassons en pratiquant la miséricorde. Or, l’époux a une telle joie à nous partager qu’il faut être prêt à la recevoir. Veillons ! Veillons par tout le bien que nous pouvons faire et nous serons prêts à accueillir Celui qui s’est fait pauvre pour que nous devenions riches par sa pauvreté.

Chant

La voix du Bien-Aimé
Écouter le chant

Le voici, il se tient.
Derrière la fenêtre il regarde.
Me fait entrer dans la maison du vin.
Sa bannière sur moi, c’est l’amour.
Car l’hiver est passé,
la pluie déjà s’en est allée.
Les grenadiers et les vignes en fleurs
exhalent leurs parfums.

Le voici, bondissant,
Sur les hautes montagnes il se tient.
Mon bien-aimé me parle et me dit :
« Ne crains pas mon ami et viens ! »
C’est sa voix qui m’appelle :
« Ouvre-moi car la nuit s’est enfuie
La saison des chants est arrivée,
au jardin de la vie ».

Dans la nuit, j’ai cherché
celui que mon cœur a choisi
je l’ai saisi et ne l’ai pas lâché,
je sais que mon bonheur c’est lui.
Dans les lieux escarpés,
toujours du regard il me suit.
il est pour moi une branche d’henné
des vignes d’Enguédi.

Dans la nuit je dormais
mais mon cœur était réveillé
C’est la voix du bien aimé qui heurte
du désert mon âme tressaille
A mon ombre, regarde
les sources coulant du Liban
Dans ce jardin de myrrhe et de safran
Céleste Jérusalem.

Interprété par Choeur dans la ville

Paroles d’après le Cantique des Cantiques - Musique : Tanguy Dionis du Séjour - Ed. D.A.C

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