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L’évangile de ce dimanche est bien connu. Il rapporte ce qu’on appelle « la Confession de Pierre » à Césarée de Philippe. Le premier des apôtres répond en son nom propre, mais aussi au nom de ses compagnons. À notre tour d’entendre Jésus nous demander : « Pour vous, qui suis-je ? » À notre tour de lui répondre joyeusement et librement, malgré toute la fragilité de notre humanité.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Matthieu 16, 13-20

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. 

Prédication

Jésus, sage-femme et Fils de l’homme !
par Frère Luc Devillers
Écouter la prédication

Jésus serait-il… une sage-femme ? Je ne plaisante pas. Mais, avant de répondre à cette question, rappelons-nous ce qu’est une sage-femme. C’est une personne qui aide une femme enceinte à se préparer à accoucher, à vivre au mieux l’épreuve de l’accouchement, et à « récupérer » en toute sécurité une fois l’enfant né. Une personne, mais pas nécessairement une femme. Car, depuis quelques décennies, dans plusieurs pays comme le nôtre, des hommes aussi exercent ce métier. Et on les appelle toujours des sages-femmes, pour la bonne raison que « sage » veut dire « sachant faire ». L’adjectif ne se rapporte pas à la femme enceinte, mais à la personne qui va l’aider à accoucher et qui possède le savoir-faire, la sagesse pratique. 

Toutefois, l’Académie française préfère appeler les hommes qui pratiquent ce métier des maïeuticiens. Maïeuticien : quel mot bizarre ! Il nous vient de l’Antiquité grecque. Il paraît que la mère de Socrate était sage-femme ; et lui-même aimait interroger les gens, pour les aider à « accoucher » de leurs idées. C’est ainsi qu’il pratiquait la maïeutique, l’art de faire accoucher, mais en posant des questions : il invitait ses interlocuteurs à exprimer ce qui les habite, ce qui les fait vivre, ce qui les inquiète, les attire ou les inspire.

Or, les évangiles présentent souvent Jésus en train de poser des questions. Parfois, elles nous étonnent, et peuvent même nous déranger, nous paraître décalées ou osées. Ainsi, lorsqu’il demande à un homme infirme depuis trente-huit ans, près de la piscine de Béthesda (Jn 5, 6) : « Veux-tu retrouver la santé ? » Qui ne voudrait pas être guéri lorsqu’il subit un handicap depuis si longtemps ? Et pourtant, Jésus pose une bonne question. Car, pour vivre en vérité, il faut non seulement en avoir les moyens, mais aussi et d’abord le vouloir ! Notre histoire humaine regorge d’anecdotes montrant un homme ou une femme dans la pire situation imaginable, mais qui s’en sort à force de courage, de confiance en Dieu, en soi, dans les autres, et surtout par un grand désir de vivre. Le pape Léon a récemment pris l’exemple de la jeune juive Etty Hillesum, morte dans un camp de concentration après avoir laissé un sublime journal intime, et des prières qui disaient sa confiance en Dieu, malgré l’horreur qui l’entourait.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus pose une question à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Et même une deuxième : « Et vous, que dites-vous ? », et encore une troisième : « Pour vous, qui suis-je ? » Avec eux, il pratique la maïeutique : il se fait sage-femme, les aide à accoucher de leurs réflexions. Mais remarquez avec quel art et quelle délicatesse il se comporte. Il pose d’abord une question d’ordre général, comme s’il disait : quand vous vous déplacez avec moi, vous rencontrez des gens, vous avez dû parfois les entendre parler du Fils de l’homme ; alors, qu’en disent-ils ? Et les disciples lui rapportent les diverses opinions qu’ils ont entendues.

Puis il les interpelle : « Et vous, que dites-vous ? » Sous-entendu : à propos du Fils de l’homme… Et il reformule aussitôt sa question en posant une troisième, plus directe : « Pour vous, qui suis-je ? » Car le Fils de l’homme, c’est lui ; et ses disciples le savent, puisqu’il a déjà employé plusieurs fois cette formule devant eux. En se donnant ce titre, Jésus se reconnaît à la fois comme l’être humain par excellence et comme le personnage céleste appelé à régner sur les nations, d’après le livre de Daniel (Dn 7, 13). Aussi la réponse de Simon-Pierre coule-t-elle de source : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

Mais Jésus précise que cette belle confession ne provient pas de l’intelligence de Simon : elle lui a été soufflée par Dieu, son Père. Pierre aura très vite l’occasion de vérifier sa fragilité, lorsque Jésus annoncera sa passion et que lui voudra l’en détourner. Et, le moment venu, il ira jusqu’à renier son Maître. Sa solidité de roc lui vient du Père, mais Pierre reste l’un de nous : fragile, faillible. Seul le Christ rend forte son Église, lui seul nous donne la force de vivre, d’avancer sans craindre les faux pas, et de nous relever lorsque nous tombons. Comme les premiers disciples, mettons toute notre foi en lui, le Fils de l’homme mort et ressuscité pour nous.

Chant

À toi notre louange
Écouter le chant

À toi notre louange, à toi nos chants de joie :
nous t’acclamons, tu es Seigneur !
Oui toi seul es Saint, toi le Roi des nations.
Gloire et louange à toi Seigneur !

Le salut, la puissance et la gloire à notre Dieu.
Ses jugements sont justes et vrais, Alléluia !

Célébrez notre Dieu, vous tous qui le servez.
Louez-le vous tous qui le craignez, tous, petits et grands.

Il règne notre Dieu, le Seigneur de l’Univers.
Exultons et crions de joie, et rendons-lui gloire.

Car elles sont venues les noces de l’Agneau,
et son épouse est belle pour lui, Alléluia !

J’ai vu la cité Sainte, la Nouvelle Jérusalem,
toute parée comme une fiancée pour son fiancé.

Interprété par Choeur dans la ville

P & M: Erwan de Chevigney (d’après le Te Deum Ap 19, 1-7 et Ap 21, 2)

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À vous la parole

1 commentaire

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« Thank you Brother Luc for your beautiful reflection on the questions of Jesus. Thank you for helping me understand Jesus as ‘sage-femme’. Merci! »

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Nicholas - 20 août 2026 - 9:04

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