Faire un don

La liturgie de ce matin de Pâques nous fait passer des ténèbres de la mort à la lumière du Christ ressuscité. Accueillons au creux de nos vies cette Bonne Nouvelle, qui peut transfigurer nos existences.


Voir première lecture, deuxième lecture et psaume

Évangile

Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Prédication

La lumière qui jaillit dans les ténèbres
par Frère Luc Devillers
Écouter la prédication

Quand Marie Madeleine s’est rendue au tombeau le premier jour de la semaine, c’était de grand matin, et c’était encore les ténèbres. Saint Jean, l’évangéliste du Christ lumière, sait bien que, dans notre vie humaine, nous ne faisons jamais l’économie des ténèbres. Y compris dans notre vie de foi. Malgré la lumière jaillie au cœur de la nuit pascale, il fait encore sombre : la foi pascale est à ce prix.

Dans la Bible comme dans la vie, la nuit est un lieu mystérieux, plein de silence. Jamais pleinement négatif, mais jamais non plus totalement positif. Un lieu où tout est possible. Au cours de la vigile pascale, nous avons évoqué cette belle nuit de la Création : Dieu dit : « Que la lumière soit, et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres (Gn 1, 3-4). La nuit porte conseil, dit-on ; et Nicodème y verra le lieu idéal pour rencontrer Jésus, et parler avec lui de choses sérieuses (Jn 3, 2 ; 19, 39). Enfin, la nuit, c’est le lieu où les actes mauvais se préparent et s’accomplissent. Saint Jean le sait aussi lui qui écrit : les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises (Jn 3, 19).

La nuit de la foi. L’épreuve du doute. L’inconnu de l’avenir. Et la grande nuit qui envahit notre monde : nous ne savons pas où nous allons, nous ne voyons aucune issue à la chape de ténèbres qui pèse sur notre humanité. Nous sommes désemparés, telle Marie-Madeleine qui ne sait pas où on a déposé son Seigneur. Tels Pierre et Jean qui n’avaient pas encore compris que l’Écriture annonçait sa résurrection d’entre les morts (Jn 20, 9). Nous voici à la tombe avec eux, mais toute ténèbre n’est pas dissipée dans nos cœurs.

Or, c’est à ce moment précis que la bonne nouvelle pascale nous surprend. Comme pour le disciple que Jésus aimait. Il n’y avait plus rien à voir, sinon quelques linges bien rangés ; personne, pas même un ange pour annoncer une Bonne Nouvelle. Mais Jean a vu qu’il n’y avait plus rien à voir avec nos yeux de chair, mais tout à croire avec les yeux de la foi.

Il a entendu cette petite musique qui nous chuchote à l’oreille que tout ne peut pas s’arrêter ainsi, brutalement ; que la vie n’est pas absurde, nous laissant tous dans la fosse aux morts. Non. Nous sommes faits pour la vie, et la mort physique n’est pas un terminus, mais une gare de passage. C’est là que nous pouvons choisir notre prochaine correspondance. Et c’est à nous de la choisir : direction « la mort », « le néant » ? Ou direction « la vie » ? L’Écriture nous assure que Dieu n’a pas fait la mort. Il veut que tous les hommes vivent de sa vie, dans une fête sans fin, au sein d’une création renouvelée.

Mais s’il en est ainsi, pourquoi Dieu ne le crie-t-il pas aux quatre points cardinaux ? Pourquoi nous faut-il avancer alors qu’il fait encore sombre ? Parce que, dans toutes ses œuvres, Dieu agit avec discrétion ; c’est dans la faiblesse et le silence qu’il se révèle le plus. La longue nuit de notre route personnelle et l’histoire chaotique de notre humanité ne sont pas achevées. Mais déjà nous voyons poindre à l’horizon l’étrange lueur du Christ ressuscité, aussi discrète et réelle que la flamme du cierge pascal, qui vacillait dans la pénombre de notre église en cette sainte nuit.

Pâques n’est en rien une évidence, le mal vaincu en Christ continue ses ravages dans le monde et dans nos cœurs. Mais la bonne nouvelle de ce matin fragile, alors qu’il fait encore sombre, c’est – comme dit ailleurs saint Jean – que la lumière luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne l’ont pas saisie (Jn 1, 5). Avec la résurrection de Jésus, les ténèbres s’en vont et la véritable lumière brille déjà (1 Jn 2, 8). Croyons-le : il est la lumière du monde, et qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la vie (Jn 8, 12).

Chant

Il est vraiment ressuscité
Écouter le chant

Il est vraiment ressuscité !
Pourquoi chercher parmi les morts ?
Il est vivant comme il l’a promis !
Alléluia !

C’est la Pâque du Seigneur, clame l’Esprit,
c’est la Pâque du Seigneur en vérité !
Le Seigneur a versé son sang
en signe de l’Esprit qui devait venir.
Il nous a signés de son sang
et nous avons été protégés.
Alléluia !

Tu ouvres la fête de l’Esprit,
Tu nous entraînes dans la danse mystique.
Ô Pâque de Dieu, qui descends du ciel sur la terre,
Et qui de la terre remontes vers le ciel.
En toi la création tout entière
S’assemble et se réjouit.
Alléluia !

Ô Pâque, noces de l’Agneau,
Le Dieu du ciel vient s’unir
À nous dans l’Esprit !
L’immense salle des noces est remplie de convives.
Tous portent la robe nuptiale,
Et nul n’est rejeté.
Alléluia !

Interprété par les Fraternités Monastiques de Jérusalem
Extrait du CD Cantate Jerusalem
℗ ADF-Bayard Musique

© Éditions de l’Abbaye de Sylvanès, ADF Bayard Musique, 23 rue de la Houssaye, 49410 St Laurent du Mottay

Cette méditation vous éclaire ?

Partagez cette méditation avec vos proches:

Asset 1 Partager

À vous la parole

0 commentaire

Rédiger un commentaire
-0:00