Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
Frère Luc Devillers
Couvent Saint-Thomas-d'Aquin à Lille
“Un Père céleste qui se révèle aux tout-petits ; un Fils qui veut le révéler et nous procurer le repos, car son fardeau est léger : il y a dans l’évangile de ce dimanche de quoi entrer en vacances avec un cœur léger, déjà nourri par la promesse du Seigneur.
Évangile
Matthieu 11, 25-30
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Notre Dieu diviserait-il l’humanité en deux, comme dans les westerns des années 60 : les bons d’un côté, les méchants de l’autre ? Les sauvés d’un côté – pauvres accueillis à bras ouverts par le Dieu miséricordieux –, mais les perdants – « sages et savants » – déjà perdus, exclus du salut, de l’autre ? Non ! Dieu ne tient pas compte de notre rang social, du montant de notre fortune ou de nos impôts, ni non plus de nos diplômes, même en théologie. Ce qui compte à ses yeux, c’est que nous ressentions le besoin et le bonheur de son amour. Que nous éprouvions, plus ou moins nettement, notre incapacité à gérer nous-mêmes, tout seuls, notre vie et notre avenir. Saint Augustin, le maître du pape Léon, disait que Dieu nous avait faits pour lui, et que notre cœur ne pouvait pas trouver le repos avant de l’avoir définitivement rencontré.
Les sages et les savants ne sont pas exclus par principe du Royaume : eux aussi sont appelés à entrer en communion avec le Dieu d’amour mais cela ne se fera que s’ils mettent leurs talents et compétences au service du bien commun, au service des autres, en particulier des plus démunis car Dieu se donne aux tout-petits.
Dieu n’a pas doté tous les êtres humains des mêmes dons pour qu’ils aient toujours besoin les uns des autres. C’est tous ensemble que nous formons le peuple de Dieu, chacun d’entre nous apportant ses propres richesses et recevant celles des autres. Car aucun être humain ne peut se suffire à lui-même.
En nous exhortant, par la voix des derniers papes jusqu’à Léon XIV, à mettre nos talents et notre générosité au service des pauvres, l’Église n’oublie pas de nous dire que ces pauvres ont eux aussi quelque chose à nous apporter. L’humble offrande de la veuve, qui dépose juste une piécette dans le Trésor du Temple, vaut davantage que celle des riches qui ne donnent que de leur superflu.
Après cette louange du Père qui aime à se révéler aux tout-petits, Jésus déclare qu’il nous faut accueillir sa parole pour connaître Dieu : car lui seul vient de Dieu, lui seul connaît le Père, lui seul peut nous en parler en vérité. Devant la formule un peu étrange « celui à qui le Fils veut le révéler », n’allons pas imaginer un Jésus arbitraire, qui se révèle aux uns et pas aux autres par pur caprice. Dieu ne joue pas avec nous au chat et à la souris. Mais la révélation que Jésus est venu communiquer ne peut porter son fruit que si nous l’acceptons librement et avec joie. Nous pouvons toujours lui opposer une fin de non-recevoir, car Dieu respecte infiniment notre liberté, il n’a que faire de marionnettes qu’il manierait à sa guise. Jésus nous place ainsi devant notre responsabilité. Et ce mot de « responsabilité » contient le mot « réponse » : il s’agit de la réponse que nous apportons, consciemment et librement, à la proposition gratuite de Dieu.
« Celui à qui le Fils veut le révéler » : cette parole de Jésus peut nous donner le tournis, et même nous inquiéter. C’est alors que la suite de cet évangile vient nous réconforter. En effet, Jésus déclare que, si au cours de notre vie nous nous sentons parfois écrasés, si nous peinons sous le poids du jour, lui-même vient nous procurer le repos.
L’évangile de ce dimanche nous exhorte à la confiance en Jésus. Écoutons-le, croyons-le, prenons son joug et son fardeau léger, mettons-nous à son école, c’est-à-dire devenons ses disciples. Car Jésus, notre maître doux et humble de cœur, veut faire de nous ses frères, et même ses amis. N’ayons pas peur de notre fragilité, de nos misères, de nos faiblesses, de nos blessures, ni même de notre péché : Jésus nous aide à avancer sur le chemin de la vie. Jusqu’au jour de notre mort où nous pourrons enfin connaître le Père, qui nous aime déjà d’une manière unique et éternelle. Amen.
Vous tous qui peinez sous le fardeau, approchez-vous du Christ,
Tournez vos cœurs vers sa lumière,
source de vie éternelle.
Dans le désert ou dans la nuit,
Dieu marche avec son peuple.
Dans le combat contre le mal,
il est notre victoire.
Le Fils du Dieu resplendissant
de la gloire du Père
nous donne part à sa Clarté,
sa Parole est lumière.
Par votre foi, puisez la vie, au Rocher
qui nous sauve,
L’Esprit d’amour vous comblera
comme un torrent d’eau vive.
Son Corps livré pour nos péchés
guérit toute blessure.
Paix de nos cœurs, Joie du Royaume,
plénitude de grâce !
Interprété par Choeur dans la ville
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À vous la parole
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